
Prise en charge médicale
Toute douleur articulaire ne relève pas d'une opération. Infiltrations, viscosupplémentation et injections de PRP font partie des traitements que nous proposons avant, ou à la place, d'une chirurgie.
Traiter sans opérer, quand c'est possible
Une part importante des douleurs de l'épaule, du genou, de la hanche, du pied et de la cheville se traite sans passer par le bloc opératoire. Rééducation, adaptation de l'activité, traitements médicamenteux et gestes par injection permettent souvent de contrôler la douleur et de retrouver une fonction satisfaisante. C'est souvent le cas dans l'arthrose du genou débutante, avant toute discussion de prothèse.
Être suivi médicalement par les chirurgiens qui vous opéreraient présente un avantage : le même praticien évalue l'évolution de votre pathologie, adapte le traitement et, si la chirurgie devient nécessaire, connaît déjà votre dossier.
Chaque geste est proposé après examen clinique et analyse de votre imagerie. Les bénéfices attendus, les limites et les alternatives vous sont expliqués avant toute décision.
Trois gestes, trois principes différents
Infiltrations de corticoïdes
L'infiltration consiste à injecter un corticoïde directement au contact de la zone douloureuse : dans l'articulation, dans une bourse séreuse ou autour d'un tendon.
Le corticoïde est un anti-inflammatoire puissant. Administré localement, il agit là où se situe l'inflammation, avec des doses très inférieures à celles d'un traitement par voie générale. Le geste se réalise en consultation, en quelques minutes, sous conditions d'asepsie strictes ; certaines localisations profondes (hanche notamment) sont infiltrées sous contrôle radiologique ou échographique.
- —Indications fréquentes : arthrose douloureuse, tendinopathie, bursite, conflit sous-acromial de l'épaule, canal carpien.
- —Le soulagement s'installe généralement en quelques jours et sa durée est variable d'un patient à l'autre.
- —Le nombre d'infiltrations par articulation et par an est volontairement limité.
- —L'infiltration soulage les symptômes : elle ne corrige pas la lésion sous-jacente.
Viscosupplémentation (acide hyaluronique)
La viscosupplémentation consiste à injecter de l'acide hyaluronique dans une articulation arthrosique afin d'améliorer la qualité du liquide articulaire.
L'acide hyaluronique est un composant naturel du liquide synovial : il lui donne sa viscosité et son pouvoir lubrifiant. Dans une articulation arthrosique, ses propriétés se dégradent. L'injection vise à restaurer ce rôle d'amortisseur et de lubrifiant, pour réduire la douleur et améliorer la mobilité. Le genou est la localisation la plus fréquemment traitée ; la hanche et l'épaule peuvent également l'être.
- —Proposée dans l'arthrose débutante à modérée, avant l'indication d'une prothèse.
- —Le traitement se fait en une seule injection ou en une série, selon le produit utilisé.
- —L'effet est progressif, sur plusieurs semaines, et peut se prolonger plusieurs mois.
- —Le geste peut être renouvelé, en général après un intervalle de plusieurs mois.
Injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes)
Le PRP est un concentré de vos propres plaquettes, obtenu à partir d'une simple prise de sang, puis réinjecté dans la zone à traiter.
Une petite quantité de sang est prélevée puis centrifugée sur place afin d'en isoler la fraction plasmatique riche en plaquettes. Ces plaquettes contiennent des facteurs de croissance impliqués dans les processus naturels de cicatrisation. Le concentré obtenu est injecté dans l'articulation ou au contact du tendon concerné, au cours de la même consultation. Comme le produit provient du patient lui-même, il n'y a pas de risque de rejet ni d'allergie au produit injecté.
- —Indications habituelles : tendinopathies chroniques et arthrose débutante à modérée, notamment du genou.
- —Souvent envisagé lorsque la rééducation et les traitements de première intention n'ont pas suffi.
- —Plusieurs injections peuvent être proposées à quelques semaines d'intervalle.
- —Produit autologue : issu de votre propre sang, prélevé et réinjecté au cours de la même séance.
Le PRP, du prélèvement à l'injection
Le principe du PRP tient en quelques étapes réalisées au cours de la même consultation : un prélèvement sanguin, une centrifugation pour concentrer les plaquettes, puis l'injection du plasma obtenu dans la zone à traiter.

Comment se passe une injection
Consultation et bilan
L'examen clinique et l'imagerie permettent de poser le diagnostic et de vérifier que le traitement par injection est adapté à votre situation.
Information et décision
Le chirurgien vous explique le geste proposé, ses bénéfices attendus, ses limites et ses alternatives. La décision est prise avec vous.
Réalisation du geste
L'injection est réalisée en consultation, sous conditions d'asepsie strictes, et prend généralement quelques minutes. Une imagerie peut guider le geste.
Suivi
Un repos relatif de 24 à 48 heures est habituellement conseillé. Une consultation de contrôle permet d'évaluer le résultat et d'adapter la suite.
Les informations présentées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une consultation. Les indications, les bénéfices attendus et les risques de chaque geste sont évalués individuellement par votre chirurgien.
Vos questions sur les injections
Quelle différence entre une infiltration, une viscosupplémentation et un PRP ?
Les trois sont des injections, mais leur principe diffère. L'infiltration de corticoïdes agit sur l'inflammation et la douleur. La viscosupplémentation apporte de l'acide hyaluronique pour améliorer la lubrification d'une articulation arthrosique. Le PRP utilise vos propres plaquettes et leurs facteurs de croissance pour accompagner les processus de cicatrisation. Le choix dépend du diagnostic, du stade de la pathologie et de vos traitements antérieurs.
Ces traitements permettent-ils d'éviter une chirurgie ?
Ils peuvent soulager durablement et retarder une intervention, en particulier dans les arthroses débutantes à modérées et dans les tendinopathies. Ils ne réparent pas une lésion structurelle constituée : lorsque l'arthrose est évoluée, la chirurgie reste le traitement de référence. L'objectif est défini avec vous lors de la consultation.
Le geste est-il douloureux ?
L'injection est généralement bien tolérée. Elle provoque le plus souvent une gêne brève au moment du geste. Une réaction douloureuse transitoire peut survenir dans les heures ou les jours qui suivent, notamment après une injection de PRP ; elle cède habituellement avec du repos et des antalgiques simples.
Faut-il une préparation particulière ?
Aucune préparation lourde n'est nécessaire. Signalez en amont vos traitements en cours, en particulier les anticoagulants et les anti-inflammatoires, ainsi que toute allergie ou infection en cours. Pour le PRP, certains anti-inflammatoires sont à interrompre avant et après le geste : les consignes précises vous sont remises en consultation.
Combien de temps faut-il arrêter ses activités ?
Un repos relatif de 24 à 48 heures est habituellement conseillé, avec reprise progressive ensuite. Les activités sportives sont reprises selon les consignes données par votre chirurgien, en fonction du geste réalisé et de la zone traitée.
Ces traitements sont-ils remboursés ?
La prise en charge diffère selon le traitement et n'est pas identique pour tous. Le détail, ainsi que le coût éventuel restant à votre charge, vous est communiqué lors de la consultation, avant toute décision.
Un avis sur votre douleur
Prenez rendez-vous pour faire le point et déterminer le traitement adapté à votre situation.